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La diversité du patrimoine génétique des coraux et des poissons tropicaux en danger

par Frédéric Magné - publié le

Dans un article publié dans Nature Communications le 12 janvier, des chercheurs de l’Université de Montpellier, de l’IRD, de l’EPHE et du CNRS démontrent que le réseau global des aires marines protégées est insuffisant pour conserver la diversité du patrimoine génétique des coraux et des poissons tropicaux. Cette diversité est fondamentale pour retracer l’histoire évolutive des organismes mais aussi pour maintenir le fonctionnement des écosystèmes coralliens.


Acropora cervicornis © Ed Roberts

Seuls 17,6% de l’arbre de la vie des poissons préservés
Les activités humaines ont profondément modifié tous les écosystèmes de la planète. Au-delà de l’atteinte aux espèces, c’est tout l’arbre de la vie, c’est-à-dire l’histoire évolutive accumulée au cours des temps géologiques, qui est ainsi mise en péril. Pour contrecarrer ces dégradations dans l’océan, de nombreuses aires marines protégées (AMP) ont été créées. Actuellement, il en existe 3 625 sur les récifs coralliens qui couvrent une surface totale de 942 568 km2 (soit 5,9% de la surface maritime mondiale). Dans son article, l’équipe internationale de chercheurs menée par David Mouillot, professeur à l’Université de Montpellier au laboratoire MARBEC, montre que malgré la mise en place de ces AMP, seulement 1,7% de l’arbre de la vie des coraux et 17,6% de l’arbre de la vie des poissons disposent des seuils minimums d’espaces protégés assurant leur préservation. Ce résultat est issu de la compilation des aires de distribution géographique pour 805 espèces de coraux et 452 espèces de poissons à l’échelle globale.

La nécessité de recentrer les efforts de conservation
Ainsi, 7 160 millions d’années de l’histoire évolutive des coraux et 3 586 millions d’années de l’histoire évolutive des poissons sont insuffisamment couvertes par le système actuel des AMP. Les branches de l’arbre de la vie qui subissent un déficit de protection correspondent souvent à des lignées d’espèces très spécialisées remplissant des fonctions uniques dans les écosystèmes (par exemple, le corail en corne de cerf des Caraïbes). Ces résultats mettent en évidence la nécessité de recentrer les efforts de conservation sur les régions concentrant les lignées anciennes et mal protégées les plus exposées aux activités humaines notamment dans l’Atlantique, le Pacifique Sud-Est et l’océan Indien. Initialement mises en place pour préserver la diversité des espèces, les aires marines protégées doivent désormais intégrer l’histoire évolutive des espèces dans leurs objectifs pour préserver le patrimoine génétique et le fonctionnement des écosystèmes.

Source : Université de Montpellier.

© Ed Roberts

 class= Référence

"Global marine-protected areas do not secure the evolutionary history of tropical corals and fishes", D. Mouillot, V. Parravicini, D.R. Bellwood, F. Leprieur, D. Huang, P.F. Cowman, C. Albouy, T.P. Hughes, W. Thuiller & F. Guilhaumon, Nature Communications, Janvier 2016.

Contact chercheur

David Mouillot, Centre pour la biodiversité marine, l’exploitation et la conservation (MARBEC) - CNRS / Université de Montpellier
Email : david.mouillot@univ-montp2.fr

Contact communication

Alexiane Agullo, Service de presse du CNRS
Email : presse@cnrs.fr

Source : CNRS-INEE http://www.cnrs.fr/inee/