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Comment développer un dialogue plus constructif entre les décideurs politiques et les écologues pour sauver l’équilibre de notre planète Terre

SETE

par Frédéric Magné - publié le

Un consensus international demande que les impacts de l’homme sur l’environnement soient « soutenus », « maintenus », pour « conserver », « protéger », « sauvegarder » l’environnement, dans des « limites écologiques sûres ». Une nouvelle étude qui a réuni des scientifiques de l’environnement provenant de nombreux pays révèle que les décideurs politiques n’ont qu’une faible idée de ce que signifient ces termes ou comment les relier à l’ensemble des données, concepts et idées écologiques. Leur message général : pour progresser dans la protection réelle de notre planète, nous devons dissiper cette confusion. Ces chercheurs ont proposé un cadre général pour le faire.

 
Comme le dit Jose M. Montoya, co-responsable de cette étude et chercheur CNRS à la Station d’Écologie Théorique et Expérimentale, au sein d’une des unités membres du LabEx TULIP : « les actions humaines défient la nature de nombreuses façons. Nous regroupons tout ça dans le concept complexe de ’stabilité écologique’. Nous voudrions que la nature soit stable d’une certaine manière. Mais que connaît-on vraiment de cette stabilité issue de nos théories et expériences ? Et comment cette connaissance peut aider les décideurs politiques ? Les auteurs proposent des solutions à ces questions centrales. »

Ce travail de recherche qui vient d´être publié dans le journal scientifique Ecology Letters, expose en détail ce que les décideurs politiques, les expérimentateurs écologiques, et les théoriciens pensent chacun de ce concept de « stabilité ». La réponse englobe des choses bien différentes, ce qui génère un véritable problème tant de compréhension que dans les actions à entreprendre. Une des solutions proposées pas les auteurs est de reconnaître que la nature subit des pressions humaines très complexe, les décideurs eux exigeant le plus souvent des solutions immédiates et simples. Reconnaitre la nécessité d’une meilleure communication à l’interface science-politique est donc un enjeu essentiel des sciences de l’environnement.

Malheureusement, la plupart des documents politiques examinés par Jose M. Montoya et ses collègues contiennent de nombreux termes ambigus car ayant de multiples définitions. Les objectifs de développement durable des Nations Unies annoncés récemment ne font pas exception à cela. Cette ambiguïté est un énorme problème car cela signifie entre autre que nous ne pouvons pas mesurer les progrès, ou un manque de progrès vers la réalisation des objectifs politiques. Les écologues, les décideurs et les acteurs de l’environnement ont besoin de toute urgence de développer un langage commun afin d’être plus efficaces dans la gestion des écosystèmes de la planète terre qui constitue, qu’on le veuille ou non, l’unique lieu de vie de l’humanité.
 
 class= Référence

"Navigating the complexity of ecological stability", Ian Donohue, Helmut Hillebrand, José M. Montoya, Owen L. Petchey, Stuart L. Pimm, Mike S. Fowler, Kevin Healy, Andrew L. Jackson, Miguel Lurgi, Deirdre McClean, Nessa E. O’Connor, Eoin J. O’Gorman and Qiang Yang, Ecology Letters, 19 Juillet 2016.
 
Contact chercheur

José M Montoya, Station d’écologie théorique et expérimentale (SETE) - CNRS/Univ. Toulouse Paul Sabatier
Tél. : 05 61 04 03 83
Email : josemaria.montoyateran@ecoex-moulis.cnrs.fr
 
Contact communication

Olivier Guillaume, Station d’écologie théorique et expérimentale (SETE) - CNRS/Univ. Toulouse Paul Sabatier
Tél. : 05 61 04 03 67
Email : Olivier.GUILLAUME@sete.cnrs.fr
 
Source : CNRS-INEE http://www.cnrs.fr/inee/